Masculin/Masculin, l’exposition

Les journées sont chargées, mais je ne t’oublie pas pour autant, cher internaute ! En allant l’autre jour à l’exposition sur le nu masculin au Musée d’Orsay, je m’suis dit « tiens, et si j’en faisais un article ? Ça pourrait être ma foi sympathique… »

C’est donc chose faite, puisque voici sous tes yeux ébaubis, un humble compte rendu de cette expo, afin de t’en exposer le pour et le contre, au cas où tu hésiterais à t’y rendre.

affiche masculin
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L’expo en soi

Donc, comme convenu, cette exposition est concentrée sur la représentation du nu masculin de 1800 à nos jours. Elle est très richement variée (environ 200 travaux) et on y trouve essentiellement des peintures, photographies et sculptures (mais pas que, hein !).
La progression du visiteur ne se fait pas de manière chronologique mais thématique, ce qui présente des avantages mais aussi des inconvénients : cela permet de mieux comparer les périodes entre elles sur un même « angle de vue » mais la cohérence de cette répartition reste parfois relativement obscure, et c’est ce qui m’a le plus gênée. J’ai mis du temps à en comprendre la logique parfois très floue à mon goût et je pense avoir beaucoup perdu en compréhension et en réflexion de par cet agencement (qui n’est donc malheureusement pas des plus efficaces). Là, on est trop « en surface », en fait. En d’autres termes, le schéma de base est compréhensible mais il manque un petit quelque chose, un p’tit je-ne-sais-quoi, qui pourrait permettre à l’exposition d’être plus fluide et donc plus efficiente. Il lui faudrait pas grand-chose pour être vraiment réussie et faire l’unanimité, selon moi. Malheureusement on n’y est pas tout à fait, et c’est là mon seul regret : je n’en suis pas sortie en me disant « Whaouuu, dingue. ».
Du coup, ça m’a un peu chiffonnée.

Je m’applique à ne pas détruire l’exposition avec un jugement trop sévère car je suis persuadée qu’elle n’est pas si mauvaise, mais j’ai été très choquée de voir à quel point mon avis pourtant nuancé est indulgent comparée à la masse.
En effet, en jetant un coup d’œil sur le livre d’or à la sortie, j’ai ouvert de grands yeux surpris car la grande majorité des commentaires étaient très durs, voire « violents ». Beaucoup de personnes ont été déçues par le manque de réflexion et de cohérence de l’exposition, et le font savoir avec virulence. « Un sujet magnifique, une expo ratée » résume assez bien le constat général des avis laissés.
Ainsi, sachez qu’elle est loin de faire l’unanimité et que vous pouvez être, comme beaucoup, frustré-e-s du traitement qu’elle propose du sujet.

Je maintiens malgré tout mon opinion : oui, c’est loin d’être la meilleure exposition à laquelle j’ai jamais été, mais elle n’est pas si catastrophique que cela. Certes, elle ne vaut peut-être pas les 12€ du plein tarif, mais pas de là à en faire un pamphlet violent.

Je pense qu’on peut lui « laisser une chance », en gros.

(concernant la question de la « bienséance », à part une partie vers la fin où le visiteur est averti du caractère plutôt dérangeant des œuvres, l’exposition reste correcte sur le problème de la représentation de la nudité. Moi qui suis bien prude sur les bords (oui), je n’ai pas été choquée genre « image-incrustées-dans-la-rétine-à-jamais-au-secours».  Après, je n’pense pas qu’y amener des enfants soit la plus grande idée du siècle, hein… Ahem.)

Les œuvres en soi

Rentrons un peu plus dans le vif du sujet. Comme je l’ai déjà dit, c’est une exposition très fournie et vaste, je ne peux donc pas vous parler de chaque œuvre une par une, bien sûr. Néanmoins, certaines m’ont marquées, et je voudrais juste en aborder quelques-unes, histoire de vous partager mon ressenti et de vous proposer un très rapide aperçu de l’expo. Si vous préférez conserver la « surprise », je vous invite à sauter ce paragraphe plein de spoilers !

Je vais commencer avec ma grosse découverte de l’expo : les artistes Pierre et Gilles, qui y sont très présents avec pas moins de sept œuvres réunies.
Je ne connaissais absolument pas, et j’ai été fascinée par leur travail qui consiste, en gros, à peindre des photographies : le traitement très spécial de l’image aboutit à une œuvre raisonnablement kitsch, mais très esthétique. L’atmosphère qui s’en dégage est vraiment toute particulière, irréelle, un peu hallucinogène sur les bords, et je trouve ça complètement génial.
Bien sûr, je pense que je suis loin de saisir pleinement les messages véhiculés par leurs photos, mais en tous les cas, elles ne me laissent pas indifférente. S’il fallait donner une sensation pour les « résumer », je penserais à l’odeur du plastique. Pierre et Gilles ont un univers bien à eux, très particulier et pas banal, qui moi, me scotche. C’est très chouette quoi.
pierreetgillesCertains ont reproché la trop grande place qui leur est accordée dans l’exposition, mais pour ma part je n’ai pas trouvé que c’était un mal, au contraire.

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Dans le même style psychédélique, on trouve dans l’exposition une photographie de David la Chapelle, lui aussi porté sur le kitsch et ce que j’appelle l’hallucinogènerie (le néologisme, ma passion, ma vie, mon histoire).
Would-Be Martyr And 72 Virgins est une photographie qui m’a complètement captivée, mais je suis incapable de comprendre pourquoi exactement. Je pense que là aussi son sens profond m’échappe, mais cette œuvre a retenu mon attention et je la trouve très belle. Elle semble hors du temps, presque psychotropique (non, ce mot non plus n’existe pas.. !)…
Elle est cool en somme.
la chapelle

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On passe complètement à autre chose avec mon « beurk » de l’expo : dans la partie-thématique du « nu réaliste », posée sur une estrade grise dans une salle noire et éclairée verticalement (donc très crûment), on trouve un sculpture de Ron Mueck représentant un vieux monsieur mort. Sa petite taille (qui permet d’avoir un recul vis-à-vis de son grand réalisme) ne l’empêche pas d’être extrêmement dérangeante à mon goût. On jurerait que c’est une vraie personne… ! Elle donne le sentiment d’être de consistance molle et que si on la touche du doigt, il rebondirait dessus comme si c’était de la gélatine visqueuse. Beurk, quoi.
Elle est beaucoup trop réelle pour moi (les rides, les poils, la posture, etc.) et, plus qu’un sentiment de gêne, elle m’inspire du dégoût.
ronmueck
(et je vous prie de croire que je prends GRANDEMENT sur moi pour vous mettre une illustration de cela dans mon article, parce que ça va même jusqu’à heurter mon clavier azerty, alors bon voilà, quoi… Ahemhem.)

Cela m’a confirmé que je suis bel et bien dans l’incapacité physique d’apprécier le travail de Ron Mueck (que je respecte bien évidement malgré cela).
C’était la partie la moins fun de l’expo.

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Voilà donc un tout petit échantillon de ce que l’on peut trouver dans Masculin/Masculin. Je vous laisse la surprise de découvrir le reste !

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Pour résumer tout ça, je dirai que c’est une exposition intéressante, loin d’être parfaite parce que pas suffisamment réflexive, mais qui vaut le coup d’œil. Si vous avez l’occasion d’y aller, profitez-en !

Et n’hésitez pas à laisser vos commentaires là-dessus, ils sont là pour ça !

Ps : et puis, je …euh…je, OUI VOILA, J’AVOUE, ON SE RÉGALE DE LA RÉTINE 98% DU TEMPS PARCE QUE, DIEU, IL Y  EN A, DU BEAU GOSSE (ET POUR DIRE CELA JE ME BASE SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LEUR MUSCULATURE SEULEMENT HEIN NE ME FAITES PAS DIRE CE QUE JE N’AI PAS DIT !!), ET QU’IL EST VRAI QUE POUR CERTAINS MODÈLES (comme celui de David la Chapelle, au hasard…) IL NE M’AURAIT PAS DÉPLU DE POUVOIR FAIRE PLUS AMPLE CONNAISSANCE !!

Voilà, c’est dit.
À bon entendeur.

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Plus d’info :

Exposition du 24 septembre 2013 au 2 janvier 2014 au Musée d’Orsay (fermé le lundi ainsi que le 25 décembre et le 1er janvier). Ouvert de 9H30 à 18H (21H45 le jeudi).

Site de l’exposition.

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